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Archive for the ‘Anecdotes’ Category

Un ami me téléphone : «Ray, tu veux faire la robe de Miss France 1987, Geneviève cherche une styliste ?»
Et c’est ainsi que tout a commencé.
A l’époque j’étais styliste et je créais mes propres modèles dans mon atelier. Ma fille Sandrine était à mes cotés et nous terminions les dernières photos. J’ai donc accepté de rencontrer Geneviève de Fontenay qui  nous avait invité au Hilton où se déroulait les préparatifs de la grande soirée.
Nous sommes tombées d’accord : je serais créatrice de la robe Miss France… nationale !  Pas  le choix ! Bleu, blanc, rouge!
Les croquis terminés, la coupe posée sur le mannequin, le modèle partit chez la couturière pour la dernière étape.
Pendant ce temps, Sandrine et moi arpentions les salles ou les Miss répétaient ce qui était tout de même un spectacle.
J’ai alors découvert cet univers fait de poupées que l’on articulaient les unes entres les autres. Cela me paraissait si étrange, mais lorsque nous parlions ensemble au déjeuner ou au diner du Hilton, chaque personne était un être bien différent. Seul point commun : maman était ravie de les voir défiler, mais c’est un autre sujet… je m’égare.
Je me suis prise d’amitié pour Geneviève, cette femme, grande, large, imposante, qui était animée d’une grande force, son fils Xavier la suivait.
Puis arriva le grand jour où nous devions remettre la robe Nationale qui serait présentée à la presse.
Dans le salon, tandis que Miss 1986 enfilait la robe, Sandrine et moi avions rejoint le staff dans le salon où toute la presse attendait, camera et appareil photos aux poings.
La robe aux couleurs :  bleu, blanc, rouge était magnifique ! Ce qui n’était pas une évidence, mais j’avais eu la bonne idée de confectionner un immense éventail en tissu bleu couronnant tout le dos de la Miss.
Lorsqu’elle a commencé à défiler sur le podium les photographes ont déposés les armes pour applaudir. Sandrine et moi étions au fond derrière tout ce monde qui nous faisait honneur. Et c’est ainsi sous les applaudissements des journalistes que la robe 1987, fut acceptée à l’unanimité !
L’histoire trouverait une fin ici si ce n’est que cette année là c’est Nathalie Marquay qui sera l’heureuse élue et qui durant toute une année, aux cotés de Geneviève de Fontenay portera la robe de notre création.
Seule, la roue en forme d’éventail, sera démontée afin que Nathalie puisse passer les portes qui allaient s’ouvrirent à elle.
Nathalie Marquay, pour ces motifs, est restée dans ma mémoire.
Elle joue au théâtre à partir du mois d’octobre dans une pièce signée par son mari, Jean-Pierre Pernaut, alors je lui souhaite tous mes vœux de succès et je lui offre cette dédicace pour toute une année de remerciements où elle a porté notre création !
*Jean-Pierre Pernaut signe sa première pièce avec son épouse Nathalie Marquay. La comédie Magouilles.net sera jouée, à partir du 13 octobre, au Théâtre de l’Avenue, à Paris.
La pièce raconte l’histoire d’un homme prestigieux qui se fait piéger et photographier à la sortie d’une soirée déguisée, ce qui bouleverse sa carrière. 
Sur les planches, on retrouvera Stéphane Slima, Philippe Bardy, Gladys Cohen et Eric Le Roch, et évidemment Nathalie Marquay dans le premier rôle féminin
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Agoraphobe, je ne sortais pas seule de chez moi…

Ce soir là en compagnie de mon amie Marie-Jo nous sommes arrivées à cette soirée qui avait lieu dans un appartement en rez-de-jardin.

Lorsque devant moi, un homme brun ne me quitte pas des yeux. Je change de place mais il insiste. J’avance vers mon ami  :

«- Tu peux dire à ce Monsieur…»

«- Patrick, il s’appelle Patrick»

 » Tu peux demander a ton ami Patrick de se lever pour  m’invite à danser?  »

Daniel m’a soulevé et assise sur les genoux de Patrick. Il était beau et il riait aux éclats, je ne savais plus quoi dire.

Patrick Segal était en effet confortablement installé sur son fauteuil roulant et nous dansions un slow, enlacés.

Ensuite nous avons commencé une longue conversation dont la seule phrase que j’obtiendrais de lui :

«- Raymonde tu plaisantes ?»

Avec son beau sourire et pour quelques instants j’aurais voulu avoir, moi aussi, des roues dans ma tête.

«- On est pareil tu sais ?»

«- Tu plaisantes ?!»

Parce qu’il ne voit pas mes jambes qui ne roulent pas.

«- Sagittaire ascendant Lion»

«- Moi aussi !»

Mais comment dire à cet homme qui ne peux se déplacer seul, c est du moins ce que je croyais, que nous sommes dans la même difficulté, semblables.

Puis il a dit, je dois m’en aller et c’est là ou tout à chaviré.

Je lui demande qui le raccompagne ?

«- Tu plaisantes toujours comme cela ?»

Il rigole, je commence à avoir envie de pleurer. Après, je ne sais plus, il est sorti par le couloir des parties communes pour éviter les obstacles, semble-t’il.

Il roule… il court ! Je le suis, ne sachant plus que dire ou que faire.

«- Tu rentres comment chez toi ?»

Il ne cesse de penser que je plaisante.

Il est entré dans son Van, le fauteuil gisait à l’arrière comme des jambes dont il n’avait que faire alors que je venais de basculer dans le monde des handicapés.

«- Merci pour cette soirée, nous avons bien dansé»

Et comme s’il me plantait un couteau dans le cœur :

«- J’adore ta façon de plaisanter»

«-Mais je ne rigole pas !»

La peur de ne plus retrouver mon chemin m’étouffe  et me serre la gorge.

«- Tu pourrais me raccompagner ?» Avais-je osé m’aventurer.

Et pour une dernière fois il a dit :

«- J’aime tes plaisanteries, j’aime beaucoup»

Avec tellement de gentillesse et de sourires dans son regard que j’ai trouvé la force de rejoindre les autres.

Le lendemain, mon amie Claude m’a procuré ses livres.

« – Tu vois, lui, il marche !»

« – Il fait le tour du monde et moi je ne peux même pas sortir seule de chez moi»

Je suis en sanglots et Claude de dire :

«- Oui Ray, mais lui c’est pour la vie»

Le temps a passé, les années aussi et cinq six ans plus tard, je suis au festival de Cannes. Les photographes se ruent sur Christophe Lambert. Alors, je m’éloigne pour éviter cette foule humaine.

C’est la que j’aperçois Patrick Segal fidèle à son fauteuil. Il sourit tandis que je m’approche timidement et lui murmure :

«- Vous vous souvenez de moi ?»

«- Oui, Ray, je me souviens de toi»

A Patrick Segal pour tout son investissement pour les autres

A vous, les agoraphobes je vous offre cette histoire car comme dit Patrick:

«Nos jambes sont dans la tête»

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Je ne me souviens plus quand…

Je me souviens de lui, assis à la terrasse de la Closerie des Lilas. Je marchais, me dirigeais vers lui, comme si son chagrin ou désarroi me demandait de venir lui murmurer quelques mots qui ouvriraient son cœur.

Lorsque soudain :

«-Tu ne vas pas aller lui parler?

– Si, je vais lui parler et prendre un café à sa table.»

Mais violemment, mon amie jeta le doute :

«- Pour qui tu te prends ?»

Elle me démontre que je me trompe alors qu’elle ne sait même pas de quoi nous aurions parlé ! Moi non plus du reste.

Quelque temps plus tard il faisait un séjour en HP.

Mais ensuite je l’ai entendu en duo sur les ondes, alors je me suis dit : «il s’en est sorti !» Et puis l’émission « Prise direct » et ce soir j’entends Renaud dire :

«Depuis 4ans… comme il y a 10 ans… j’y arrive pas… bonheur et dépression… je ne sais pas».

Cette amertume qui vient de loin, comme une mer lointaine qui n’a pas entendue les vagues qui ondulaient sur son âme. « Il ne sait plus », comme un enfant perdu dans un monde où il faut être au ras de soi pour être au sommet des autres.

Bonheur et dépression, ou l’adulte dépressif n’arrive pas à dire au petit Renaud le bonheur intérieur d’être ce que l’on est et non pas ce que les autres attendent encore que nous soyons.

Comme il y a dix ans, cet enfant, depuis 4ans, ne sait plus, n’y arrive plus.

Encore un HPE (haut potentiel émotionnel) en déroute qui, comme le Petit Poucet a perdu ses cailloux et se souvient pourtant qu’un jour il était grand.

Et moi, je me souviens de la Closerie des Lilas ; ce jour là, j’aurais dit au petit de 4ans, tu n’as plus 10 ans.

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Samedi dernier, chez Ruquier, Hubert-Félix Thiéfaine était là, celui que j’avais croisé un soir dans cet hôtel…

Je suis occupée avec un groupe, un homme passe et me regarde. Puis, le Maître d’hôtel vient me dire : «Monsieur Thiéfaine désire vous inviter à dîner ».

Je trouvais cela amusant que celui qui occupait ma chambre préférée, se sente un peu redevable et embarrassé ! Mais lorsqu’il passe et repasse, je lui demande pourquoi et comment il est ici et ce qu’il y fait ! Il me dit qu’il a loupé son train, qu’il sort d’une boite de prod’.

«Ah bon ? Et dans la vie vous faites quoi ? 

– Je mets des mots sur des disques d’or»

Tandis qu’il repart je fonce à la réception :

«- C’est qui ce mec ? L’hôtesse me tend un bout de papier.

– J’étais sûre que vous alliez me le demander. Il vous attend au restaurant et il dit qu’il ne mangera pas si vous ne restez pas dîner avec lui !», elle rigole… Il faut dire qu’il n’y a personne dans l’hôtel, hormis le personnel que je connais bien, Hubert… et moi.

Finalement intriguée, je suis descendue, accompagnée par le Maître d’hôtel voir cet Hubert qui m’attendait avec un vaste sourire.

«- Je vous ai commandé un dessert.

– Vous ne connaissez pas mes goûts ?»

Puis, il me demande de l’excuser car il s’absente quelques minutes.

«- Vous avez le droit d’aller pisser !

– J’adore votre façon d’être ! Tandis que toute la carte des desserts s’exposait sur la table…

– Nous pouvons dîner maintenant ?».

Ensuite nous avons passé un moment délicieux de douceur, d’échange. Il écrivait sur une feuille de papier, il rêvait, il se souvenait et moi je ne savais même pas avec qui je dînais de dessert en dessert.

C’est avec beaucoup d’émotion que je vous offre cette histoire.

Lors de l‘émission, il disait qu’il essayait de contenir ses émotions et qu’il avait fait un séjour en HP !

Combien de HPE (Haut Potentiel Emotionnel) devront encore souffrir à en sourire pour se voiler la face de l’ignorance des hommes en blancs. Et pourtant, pour un soir… Moi non plus je n’ai rien vu !

A Hubert-Félix, avec toute mon amitié

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